Bandaka, terre riche, terre promise, murmure au rythme incessant des pioches et des tamis. Sous son sol généreux sommeille un trésor jaune, une manne qui attire les espoirs et les convoitises. Chaque jour, des hommes, des femmes, parfois même des enfants, bravent la fatigue, la poussière et les risques pour extraire cette richesse du ventre de la terre. L’or de Bandaka coule à flots, alimentant des circuits dont les ramifications s’étendent bien au-delà des frontières de notre région, voire de notre pays.
Pourtant, au milieu de cette effervescence aurifère, une réalité crue et douloureuse frappe le regard : le dénuement sanitaire abyssal dans lequel vivent ces mêmes communautés qui extraient cette richesse. À quelques encablures des sites d’extraction où la fortune se construit, les centres de santé sont souvent rudimentaires, manquent cruellement de personnel qualifié, de médicaments essentiels et d’équipements de base. Les maladies prolifèrent, les épidémies guettent, et la mortalité infantile reste un fléau tenace. Comment comprendre cette paradoxale indigence au cœur d’une telle abondance ?
Où s’évapore donc cette richesse extraite au prix de tant d’efforts et parfois de vies humaines ? Qui sont les véritables bénéficiaires de cet or qui jaillit de notre sol ?
Les infrastructures sanitaires dignes, l’accès à l’eau potable, l’éducation de qualité ne devraient-ils pas être les premiers fruits de cette exploitation ? N’est-il pas légitime que les communautés locales, celles qui vivent au quotidien les conséquences de cette activité extractive, bénéficient en priorité des retombées économiques ?
La question n’est pas de stopper l’exploitation minière, source potentielle de développement. Elle est plutôt de réclamer une gestion transparente et équitable de cette ressource. Il est impératif de mettre en place des mécanismes de redistribution clairs et efficaces, garantissant qu’une part significative des profits générés par l’or de Bandaka soit réinvestie dans l’amélioration des conditions de vie des populations locales.
La construction et l’équipement de centres de santé modernes, la formation de personnel soignant, l’accès à l’hygiène et à l’assainissement ne sont pas des luxes, mais des droits fondamentaux.
Il est temps que les autorités compétentes, les entreprises minières et la société civile se penchent sérieusement sur cette aberration. Il est temps de traduire l’or de Bandaka en bien-être pour ses habitants.
Il est temps que la richesse du sous-sol rime enfin avec la dignité humaine et la santé pour tous. Car, à quoi bon extraire des tonnes d’or si ceux qui le font vivent dans la maladie et le désespoir ? La véritable richesse d’une nation réside dans la santé et le bien-être de son peuple. Il est urgent d’en prendre conscience à Bandaka, avant que le son des pioches ne se transforme en un écho de regrets amers.
Andy Kambale Matuku


