À Mambasa, chef-lieu d’un vaste territoire riche en or, en forêts et en talents, la connexion internet reste un luxe aussi instable qu’irrégulier. Pendant que le reste du monde s’avance vers l’intelligence artificielle, la téléconsultation médicale ou l’éducation numérique, ici, envoyer un simple message WhatsApp peut prendre dix minutes. Quant à charger une pièce jointe ou tenir une réunion en ligne, cela tient du miracle.
Les maisons de télécommunications comme Airtel et Vodacom prétendent offrir des services modernes à des prix élevés, mais ce qu’elles livrent à Mambasa frôle la moquerie. Réseaux coupés pendant des heures, pages web qui refusent de s’ouvrir, appels interrompus sans explication… tout cela est devenu la routine quotidienne. Et pourtant, les habitants paient. Pire encore : ils paient cher.
Où est l’État ? Où sont les autorités publiques censées réguler ce secteur ? À force d’insouciance, elles ont laissé s’installer une fracture numérique qui isole Mambasa du reste du pays et du monde. Étudiants, journalistes, commerçants, agents publics, tous sont handicapés dans leur travail. Il est devenu presque impossible d’envoyer un e-mail à temps ou de suivre une formation en ligne. La jeunesse de Mambasa est condamnée à regarder passer l’avenir, sans y prendre part.
Alors que des villages reculés d’Afrique australe expérimentent déjà la 5G, Mambasa ploie encore sous une 2G capricieuse. Une situation honteuse pour une province aussi stratégique que l’Ituri.
Cet édito est un cri d’alarme. Il est temps de cesser de traiter Mambasa comme une marge. Airtel et Vodacom doivent investir sérieusement dans la qualité du réseau. Et l’État congolais doit faire respecter le droit de tous à l’accès numérique.
Car priver une région de connexion, c’est l’exclure de l’avenir. Et Mambasa mérite mieux.
Andy Kambale Matuku


