Un climat de tension persiste entre les services étatiques œuvrant dans la chefferie de Babila Babombi, en territoire de Mambasa (Ituri), et l’ONG CODEMUCO. Dans un mémorandum adressé aux autorités provinciales et nationales, la Mutuelle des Agents de l’État dans cette chefferie (MAOCBB) dénonce ce qu’elle qualifie de « sabotage systématique » de leurs activités par cette organisation locale.
Réunis le 15 mai 2025 dans la salle de la chefferie de Babila Babombi, les agents et fonctionnaires de l’État ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une entrave persistante à la bonne marche des services publics dans la zone. Selon eux, l’ONG CODEMUCO bloquerait plusieurs actions des structures étatiques et paraétatiques, allant jusqu’à créer des conflits ouverts, comme le montrent plusieurs revendications et plaintes transmises aux autorités.
Dans leur déclaration, ces agents publics affirment avoir documenté, sur le terrain, des actes de sabotage accompagnés d’un « discours de radicalisation » et de « résistances amplifiées » dans le chef de certains membres de cette ONG. Face à cette situation, ils en appellent à l’intervention urgente du Gouverneur militaire de l’Ituri pour rétablir l’ordre, réparer le préjudice et permettre la reprise normale des activités de l’État dans cette entité.
C’est depuis 2015 que la CODEMUCO se trouve au centre de vives polémiques avec les services de l’Etat dans la chefferie de Babila Babombi. Cette affaire pourtant été tranchée par le gouvernement provincial de l’Ituri. Dans la lettre émise en septembre 2016, Jefferson Abdallah Pene Mbaka, gouverneur de province à l’époque, avait enjoint la CODEMUCO à se conformer aux textes légaux en payant les taxes et autres redevances sans chercher la polémique.
Cette affaire, désormais entre les mains des autorités judiciaires et administratives, relance le débat sur la cohabitation entre ONG et services publics dans les zones rurales sensibles de l’Ituri, souvent marquées par des conflits de compétence et des tensions communautaires.
Andy Kambale Matuku


