À Bunia, la nouvelle a retenti comme un coup de tonnerre. Ce jeudi 19 février 2026, l’administration militaire de l’Ituri a annoncé l’arrestation de plusieurs militaires accusés d’avoir profané la paroisse Saint-Joseph Travailleur, située à Bule, dans le territoire de Djugu. Un civil serait également impliqué dans cette affaire qui suscite indignation et émoi au sein de l’opinion.
Le message des autorités est sans équivoque. Le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi a qualifié les faits de « graves et inacceptables », estimant qu’ils sont indignes d’une armée dont la mission est de protéger la population et de préserver les lieux de culte.
Message clair : l’uniforme ne saurait couvrir l’impunité. Les militaires incriminés ont été transférés à Bunia et traduits devant la justice militaire. Ils devront répondre de leurs actes, qualifiés de violation grave du droit international humanitaire.
Dans un contexte sécuritaire déjà tendu, cette affaire vient ajouter une nouvelle tension à une situation explosive. En toile de fond apparaît la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP), active dans la région. L’abbé Dieudonné Dzrodjo, curé de la paroisse, avait auparavant alerté sur la présence présumée d’éléments armés de la CRP dans certaines dépendances de l’église.
Une situation particulièrement sensible. En droit international humanitaire, l’utilisation d’un site civil à des fins militaires peut en faire une cible, exposant ainsi les populations civiles à de graves dangers.
Après plusieurs mois d’affrontements, notamment dans la zone de Nyamamba, les miliciens se seraient repliés vers Bule, multipliant les attaques contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Les conséquences sont lourdes : une population terrorisée et un avenir compromis. Plus de 62 écoles ont été contraintes de fermer leurs portes, privant des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, a tenté de rassurer la population, affirmant que les FARDC demeurent déterminées à pacifier totalement la province. « L’ennemi, c’est la CRP et non les Forces armées », a-t-il insisté, appelant à la confiance.
Sur le terrain toutefois, la confusion persiste et les civils continuent de payer le prix fort. À Bule comme ailleurs en Ituri, la paix reste une promesse fragile, suspendue entre l’exigence de justice et l’espoir d’une sécurité durable.
Jef.


