À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée chaque 22 mars, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a organisé une visite de presse sur son projet d’adduction d’eau potable à Walu, une localité du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri. Ce projet constitue une véritable » bouffée d’oxygène »pour des populations locales et déplacées durement affectées par les violences armées.
Située à proximité du territoire de Djugu, la localité de Walu fait face depuis plusieurs mois à un afflux massif de déplacés fuyant les exactions dans les zones de Kilo et Nyangarayi. Cette pression démographique a fortement perturbée et dégradé l’accès à l’eau potable, exposant les populations à des risques sanitaires accrus.
Face à cette urgence, le CICR a entrepris et achevé la construction d’un système d’adduction d’eau potable destiné à desservir à la fois les habitants et les familles déplacées. Le projet comprend notamment un château d’eau d’une capacité de 40 m³, deux bornes fontaines équipées de 11 robinets, ainsi qu’un point de puisage doté de quatre tuyaux de sortie. À cela s’ajoutent une installation solaire pour alimenter la pompe et un réservoir supplémentaire de 25 m³.
La note aux médias émise par le CICR renseigne que près de 11 000 personnes déplacées ont été recensées à Walu en 2025, soit environ la moitié de la population estimée à plus de 23 000 habitants. Une situation qui illustre l’ampleur des besoins et l’importance de telles infrastructures pour prévenir les crises sanitaires et sécuritaires.
Mais au-delà de Walu, c’est toute la ville de Bunia qui subit les conséquences de cette pression. L’accès à l’eau potable y reste insuffisant, obligeant de nombreuses familles à recourir à des sources non traitées, avec des risques élevés de maladies hydriques. Pour renforcer la production et la distribution d’eau potable, le CICR appuie également la REGIDESO à travers des dons d’intrants de purification et la réhabilitation de plus de 5 kilomètres de canalisations.
Dans un contexte marqué par l’instabilité et les déplacements massifs de populations, l’accès à l’eau potable reste un enjeu vital. Les interventions humanitaires du CICR apparaissent donc aujourd’hui comme « une réponse concrète à une crise silencieuse », mais aux conséquences bien réelles sur la vie quotidienne des populations.
Andy Kambale Matuku


