L’utilisation croissante des technologies modernes par les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) marque un tournant préoccupant dans la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon les chercheurs Ryan O’Farrell et Caleb Weiss, le groupe armé a mobilisé des outils technologiques avancés pour planifier et exécuter son attaque contre l’agglomération de Muchacha, dans le territoire de Mambasa.
Drones de surveillance, appareils GPS et connexion internet via Starlink ont été utilisés pour repérer les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que celles des groupes d’autodéfense Wazalendo. Cette capacité a permis aux assaillants d’éviter les zones sous contrôle militaire lors de leur progression vers le site minier exploité par la société chinoise Kimia Mining.
L’opération aurait été coordonnée depuis la région de Lubero sous la direction du chef rebelle tanzanien Mahmood Hassan, également connu sous les pseudonymes Abwakasi ou Mwarabu. Présenté comme un intermédiaire entre Musa Baluku et l’organisation État islamique, il aurait supervisé le déplacement des combattants depuis les camps de Mabuo et Bandulu.
Grâce à cette logistique technologique, les rebelles ont parcouru environ 100 kilomètres à travers la forêt sans être détectés. Arrivés à Muchacha, ils ont lancé une attaque ciblée contre le site aurifère, marquant une offensive d’envergure contre une exploitation minière semi-industrielle exploitée par des intérêts étrangers. Pendant plus de dix jours, les assaillants ont consolidé leur emprise sur la zone, tendant des embuscades aux forces gouvernementales venues tenter de reprendre le contrôle.
Ce n’est qu’après une contre-offensive de l’armée congolaise que le site minier a été reconquis. D’après les mêmes experts, durant leur présence, les ADF ont poursuivi leurs opérations de surveillance à l’aide de drones. Un appareil aurait notamment survolé le siège de la Réserve de faune à okapis, à Epulu, le 17 mars.
Parallèlement, des attaques ont été signalées dans plusieurs localités environnantes, notamment à Babesua, ainsi que sur la route nationale numéro 4. Cette évolution illustre une transformation notable des modes opératoires des ADF, qui combinent désormais des tactiques de guérilla avec des outils technologiques modernes. Une stratégie qui renforce leur mobilité et leur capacité d’évitement, tout en alimentant les craintes d’une expansion de leurs activités vers les provinces voisines de la Tshopo et du Haut-Uele.
Andy Kambale Matuku


