La recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans le territoire de Mambasa (Ituri) suscite une inquiétude grandissante au sein des populations locales. Jadis considéré comme relativement épargné, cet espace de la province de l’Ituri semble aujourd’hui s’inscrire dans une dynamique sécuritaire comparable à celle qu’a connue la cité de Oicha, dans le Nord-Kivu.
Pendant plusieurs années, Oicha a été l’un des épicentres des violences des ADF. Cette cité du territoire de Beni a été le théâtre de massacres récurrents de civils, d’enlèvements et d’incendies de villages, plongeant la population dans une psychose permanente. Les attaques y étaient souvent caractérisées par leur brutalité, leur imprévisibilité et leur répétition, malgré la présence des forces armées et des opérations conjointes.
Aujourd’hui, des signaux similaires émergent à Mambasa. Des incursions répétées dans des zones autrefois calmes, notamment sur plusieurs axes ruraux et forestiers, traduisent une stratégie d’expansion des ADF. Les assaillants ciblent des villages isolés, des usagers de routes et des cultivateurs, semant la terreur et provoquant des déplacements massifs de populations.
Comme ce fut le cas à Oicha, l’ennemi semble tirer profit de la configuration géographique de Mambasa. Les vastes étendues forestières, la porosité des limites territoriales et la faible couverture sécuritaire dans certaines zones offrent un terrain favorable aux mouvements des rebelles. Cette similitude renforce les craintes d’une implantation durable des ADF dans cette partie de l’Ituri.
Un autre élément de comparaison réside dans la progression graduelle de la menace. À Oicha, les premières incursions avaient été perçues comme sporadiques avant de se transformer en une crise chronique. À Mambasa, plusieurs observateurs redoutent un schéma identique : une multiplication des attaques isolées pouvant évoluer vers une insécurité généralisée si aucune réponse efficace n’est apportée.
Cependant, des différences subsistent. Contrairement à Oicha, où les ADF avaient fini par établir des réseaux bien ancrés, la situation à Mambasa semble encore à un stade d’expansion. Cette réalité offre une fenêtre d’opportunité aux autorités congolaises pour contenir la menace avant qu’elle ne s’enracine durablement.
Face à cette situation, les appels se multiplient pour un renforcement urgent du dispositif sécuritaire, une meilleure coordination entre les forces engagées et une implication accrue des communautés locales dans les mécanismes d’alerte.
La question reste désormais posée avec insistance : Mambasa est-elle en train de devenir le nouvel Oicha ? Si les tendances actuelles se confirment, le risque est réel. Mais avec une réponse rapide, adaptée et coordonnée, ce scénario pourrait encore être évité.
Andy Kambale Matuku


