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Exploitation pétrolière sur le Lac Albert : Le Député Robert Agenong’a interpelle le Gouvernement sur les risques environnementaux et sociaux

Face à la montée en puissance des projets pétroliers Tilenga, Kingfisher et de l’oléoduc EACOP en Ouganda, le député national Robert Agenong’a, élu de Mahagi en Ituri, brise le silence.

Dans une série de questions percutantes adressées au gouvernement de la République Démocratique du Congo, il pointe du doigt « l’opacité et les risques transfrontaliers majeurs qui pèsent sur les populations et les écosystèmes de l’Ituri ».

Ce dossier, déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, interpelle directement les ministères de l’Environnement, des Mines et Hydrocarbures, ainsi que celui des Affaires Étrangères. Au cœur de cette offensive parlementaire se trouve une inquiétude majeure : l’impact environnemental et social des activités de TotalEnergies et CNOOC sur la rive congolaise du lac Albert. Robert Agenong’a s’interroge en premier lieu sur la réalité des démarches diplomatiques de Kinshasa, demandant si le gouvernement a officiellement notifié ses préoccupations à l’Ouganda et aux multinationales concernées, et quelle réponse a été reçue en retour.

L’élu de l’Ituri dénonce un manque criant de concertation avec les communautés locales de Mahagi, Djugu et Irumu, pourtant en première ligne face aux risques de pollution. Il demande si le gouvernement a exigé que ces populations soient consultées dans le cadre des évaluations environnementales, conformément aux obligations de droit international. Cette absence de transparence est d’autant plus inquiétante que le député soulève l’inexistence apparente d’un plan d’urgence coordonné entre Kinshasa et Kampala pour faire face à une éventuelle marée noire qui dévasterait les écosystèmes aquatiques congolais.

L’aspect économique et juridique cristallise également les tensions. Robert Agenong’a s’insurge contre l’opacité entourant un accord bilatéral de 1990, ratifié fin 2024, concernant les gisements pétroliers transfrontaliers. Il qualifie ce document d’accord « gardé secret pendant 34 ans » et s’étonne qu’il n’ait fait l’objet d’aucune étude d’impact environnemental préalable rendue publique. Plus grave encore, il pose la question de la souveraineté économique : la RDC reçoit-elle sa part des revenus générés par l’exploitation actuelle du lac Albert, ou les ressources partagées bénéficient-elles exclusivement à l’Ouganda ?

Sur le plan international, le député pousse le gouvernement dans ses retranchements en évoquant les pressions juridiques mondiales. Il demande si la RDC a envisagé de s’associer aux procédures judiciaires en cours à l’étranger, notamment en France, pour défendre les intérêts des communautés congolaises. Pour Robert Agenong’a, il est impératif que Kinshasa sorte de sa passivité diplomatique et garantisse l’application du principe « pollueur-payeur ». Les réponses du gouvernement sont désormais attendues avec impatience, car elles détermineront si la protection des sites Ramsar et la sécurité des riverains du lac Albert sont réellement au centre des priorités de l’État.

Andy Kambale Matuku

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