Mahagi-Port, le 7 juin 2026
Du jeudi 04 au samedi 06 juin 2026, la communauté de Mahagi-Port, située dans la zone de santé rurale de Nyarambe, a accueilli un atelier de formation d’une importance capitale pour le développement local et la protection des droits humains. Durant trois jours consécutifs, vingt femmes issues de deux structures associatives locales ont été formées à la gestion des affaires. Cette activité a eu pour cadre officiel les installations de l’église locale CECA 20 de Mahagi-Port.
Cette session de formation a été initiée et organisée par le Réseau, Genre, Éducation et Développement, une association sans but lucratif de la République Démocratique du Congo (REGED ASBL RDC). L’objectif principal de cette rencontre était d’outiller les participantes en matière de gestion des Activités Génératrices de Revenus (AGR). Les enseignements dispensés ont mis un accent particulier sur le lien direct entre l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles et la prévention active des Violences Basées sur les Genres (VBG).
Le contexte et le choix de l’activité commerciale
Les participantes à cet atelier appartiennent à deux organisations de la société civile locale : l’association féminine « Union fait la force » et l’association « AMADPS ». Ces deux structures regroupent des femmes désireuses d’améliorer leurs conditions de vie et de participer activement au développement de Mahagi-Port.
Au cours des travaux, les membres de ces deux associations ont analysé les opportunités économiques du marché local. Après concertation, elles ont officiellement retenu la coupe et la couture comme activité génératrice de revenus principale à mettre en place. Pour soutenir le démarrage de cette micro-entreprise communautaire, les partenaires techniques et financiers ont validé une enveloppe budgétaire. Ce budget a été fixé à un plafond de 1 000 dollars américains (USD).
Concernant les étapes pratiques à venir, les organisateurs ont communiqué un calendrier précis aux bénéficiaires. L’ONG REGED prévoit le lancement effectif des activités des ateliers de couture exactement une semaine après la procédure d’acquisition, de transport et de livraison des machines à coudre professionnelles ainsi que de tous les accessoires et matériels nécessaires à la couture.
Un protocole d’accord et un fort ancrage coutumier
Pour formaliser la gestion collective de ce projet et garantir sa transparence, un acte juridique important a été posé. Un protocole de collaboration a été conjointement signé sur le lieu de la formation. Ce document engage d’une part la direction du REGED et d’autre part les deux présidentes respectives des associations « Union fait la force » et « AMADPS ».
La cérémonie de signature s’est déroulée devant les membres des associations et en présence d’un témoin de premier ordre issu des institutions traditionnelles locales. En effet, Monsieur Agenorwoth Kasegu, envoyé spécial et représentant attitré de Sa Majesté le chef de la Chefferie des Wagongo, a assisté à l’intégralité des événements.
Dans son allocution officielle de clôture, Monsieur Agenorwoth Kasegu a insisté auprès des vingt femmes sur des valeurs clés. Il a rappelé avec fermeté que la collaboration sincère et l’unité totale entre les deux structures étaient les seules garanties pour pérenniser ce projet de couture et assurer le progrès économique à long terme au sein de la chefferie.
Les partenaires et les responsables du projet
Cette session de formation n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit directement dans le cadre d’un programme humanitaire plus large intitulé : « Projet de réponse d’urgence intégrée en soins de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les Violences Basées sur les Genres ».
Ce grand projet est mis en œuvre sur le terrain par le consortium formé par le REGED et l’organisation MDA. Sur le plan financier, l’initiative est rendue possible grâce aux fonds alloués par l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement. La supervision technique et administrative globale du programme est assurée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).
Sur le terrain, le bon déroulement de cet atelier de trois jours a été encadré par les hauts responsables de la structure. L’activité s’est tenue sous la direction personnelle de Madame Espérance Makanza, qui assume les fonctions de coordonnatrice du REGED, et avec l’appui direct de Madame Stéphanie Kasaki, chargée de ce projet spécifique à Mahagi-Port.
L’impact attendu sur la communauté de Mahagi-Port
Pour les institutions organisatrices, la mise en place de ce type de projet répond à une logique de développement durable et de protection sociale. Les formatrices ont rappelé tout au long des séances que la pauvreté et la dépendance financière constituent souvent des facteurs aggravants des violences que subissent les femmes au quotidien.
Selon la déclaration officielle des responsables du projet, la mise en place d’une activité économique solide, stable et gérée localement par les femmes elles-mêmes demeure, à ce jour, la stratégie la plus efficace pour leur donner les moyens d’agir. Cela leur permet de prendre des décisions de manière autonome au sein de leurs foyers respectifs et de protéger efficacement leur dignité et celle de leurs enfants au sein de l’ensemble de la communauté de la zone de santé rurale de Nyarambe.


