Coup de théâtre au sein du Sénat de la République démocratique du Congo. Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a officiellement démissionné de ses fonctions de deuxième vice-président, selon une lettre adressée au président de la chambre haute.
Dans ce document, dont copie a été transmise notamment au chef de l’État Félix Tshisekedi, l’ancien membre du bureau évoque un climat politique tendu au sein de l’institution comme principale raison de son retrait.
« Je prends la liberté de déposer la démission de mon poste (…) à la suite du climat politique qui règne en ce moment au sein de la Chambre Haute », écrit-il.
Dans sa correspondance, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo précise que sa décision vise avant tout à favoriser la sérénité au sein du Sénat. Il rejette toute idée d’incompétence, affirmant s’être acquitté de ses responsabilités « correctement et en temps réel » depuis son entrée en fonction en mai 2024.
L’élu estime également que son départ pourrait permettre à d’autres sénateurs de poursuivre le travail engagé dans un climat plus apaisé.
Malgré cette démission, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo réaffirme son attachement à Félix Tshisekedi, qu’il continue de reconnaître comme « Haute Autorité de Référence de l’Union sacrée de la Nation ».
Ce départ ouvre la voie à une reconfiguration du bureau du Sénat, dans un contexte politique marqué par des tensions internes et des ajustements au sein de la majorité. Cette démission intervient également dans un climat de fortes divergences politiques, notamment après le dépôt d’une motion de défiance visant le sénateur Modeste Bahati Lukwebo. Celle-ci fait suite à sa position affichée contre un éventuel changement de la Constitution. Une semaine plus tôt, lors d’une conférence de presse, il s’était clairement opposé à toute initiative allant dans ce sens, une sortie médiatique qui aurait accentué les crispations au sein de la classe politique.


