La qualité des services de télécommunications en République démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes au sein de la population. Coupures fréquentes du réseau, mauvaise qualité des appels, lenteur excessive de l’internet et zones entières privées d’une couverture satisfaisante : autant de difficultés qui affectent quotidiennement les Congolais. Face à cette situation, le député national élu de Mambasa, Jefferson Abdallah Pene Mbaka, a décidé de porter le débat au plus haut niveau de l’État.
Dans une correspondance officielle adressée au président de l’Assemblée nationale, l’élu d’Ituri a transmis une question orale avec débat destinée au ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT-NTIC). Son objectif est d’obtenir des réponses claires sur les causes de la détérioration persistante des services de télécommunication observée à travers le pays.
Selon le député, la dégradation des réseaux mobiles et de l’internet ne constitue plus un simple désagrément technique. Elle représente aujourd’hui un véritable frein aux activités économiques, administratives, éducatives et sociales de millions de citoyens. À l’heure où le numérique devient un levier essentiel du développement, de nombreux usagers dénoncent quotidiennement des appels interrompus, des connexions instables et des débits internet largement inférieurs aux attentes. Pourtant, les opérateurs de télécommunications continuent de réaliser d’importants revenus grâce à l’augmentation constante du nombre d’abonnés et à la forte demande en services numériques.
Pour faire toute la lumière sur cette situation, Jefferson Pene Mbaka demande au ministre de présenter à la représentation nationale des données précises sur l’état réel des réseaux de télécommunications dans chacune des provinces du pays. L’élu souhaite notamment connaître les indicateurs de qualité de service observés au cours des deux dernières années, notamment le taux de couverture, le nombre d’appels interrompus et les performances réelles des connexions internet.
Il s’interroge également sur les raisons pour lesquelles les populations continuent de subir des perturbations récurrentes alors que les opérateurs annoncent des chiffres d’affaires considérables. Par ailleurs, le député réclame des éclaircissements sur l’existence éventuelle d’audits indépendants réalisés récemment dans le secteur. Si de tels rapports existent, il demande pourquoi leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques et quelles recommandations en sont ressorties.
La question des sanctions figure aussi au cœur de ses préoccupations. Le parlementaire veut savoir combien de mesures disciplinaires ou financières ont été infligées aux opérateurs pour non-respect des obligations de qualité de service au cours des cinq dernières années. Enfin, il interpelle le gouvernement sur la conformité réglementaire des entreprises de télécommunications et sur l’efficacité réelle de leurs cahiers des charges, dont les résultats tardent à se traduire par une amélioration tangible des services offerts aux citoyens.
Au-delà des aspects techniques, cette initiative parlementaire remet sur la table la question de la fracture numérique qui persiste entre les grandes agglomérations et plusieurs zones rurales du pays. Dans des territoires éloignés comme Mambasa, l’accès à une connexion fiable demeure souvent un défi quotidien. Cette réalité limite l’accès à l’information, aux services financiers numériques, à l’éducation en ligne ainsi qu’aux opportunités économiques offertes par les nouvelles technologies.
Pour de nombreux observateurs, l’amélioration de la qualité des réseaux ne relève plus uniquement du confort des utilisateurs. Elle constitue désormais un impératif de développement et d’inclusion sociale. À travers cette démarche, le député Jefferson Pene Mbaka entend pousser le gouvernement à renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation du secteur. Son initiative pourrait également ouvrir un débat national sur la transparence des performances des opérateurs et sur le respect de leurs engagements envers les consommateurs.
Alors que les attentes des citoyens ne cessent de croître, la réponse du ministre des PT-NTIC sera particulièrement suivie. Elle pourrait permettre d’évaluer l’efficacité des politiques publiques dans un secteur devenu stratégique pour l’avenir économique et social de la République démocratique du Congo. Pour les usagers congolais, l’espoir est désormais que cette interpellation parlementaire débouche sur des mesures concrètes capables d’améliorer durablement la qualité des services de télécommunications à travers le pays.
Andy Kambale Matuku


