Après la bataille, c’est l’heure des décomptes, à Goma au Nord-Kivu. Alors que les chiffres officiels parlent de plus de trois mille (3000) morts et autant de blessés sans parler de nombre de déplacés, plusieurs organisations internationales pointent un « nombre très, très élevé » des victimes des violences sexuelles.
Pour le Forum des organisations humanitaires internationales actives en République Démocratique du Congo, ces chiffres sont révélateurs d’une grave crise humanitaire qui s’abat sur la région depuis plusieurs mois. S’exprimant sur Radio France Internationale (RFI), Luc Lamprière, directeur de cette plateforme qui regroupe 124 organisations internationales impliquées en RDC, décrit la situation de « terrible » et parle du nombre croissant des victimes des violences sexuelles parmi lesquelles des enfants.
« (…) Beaucoup de stocks ont été détruits ou pillés lors de la bataille de Goma. Énormément de médicaments manquent. Le niveau de traumatisme de la population des personnes qui sont dans les hôpitaux, ce n’est pas que des blessés, ce ne sont pas que des personnes qui ont été impactées par les combats, c’est aussi un nombre très, très élevé de victimes de violences sexuelles, y compris des enfants qui ont besoin d’assistance et de soutien médical et d’une présence constante à leurs côtés« , affirme Luc Lamprière sur RFI.
Ce travailleur humanitaire affirme que les ONG sont encore présentes dans la ville de Goma, mais ne savent pas comment elles pourront intervenir dans les jours à venir. Pour le Forum des organisations humanitaires présentes en RDC, la priorité est la réouverture de l’aéroport international de Goma.
Au cours du sommet extraordinaire entre la communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC), les chefs d’État ont justement appelé à l’ouverture des axes de ravitaillement de la ville de Goma, y compris son aéroport afin de permettre l’arrivée de l’aide humanitaire.
La Rédaction


