Kambale Mahamba Faustin est un fervent défenseur de la conservation de la nature, dont la passion et l’engagement ont marqué plus de deux décennies de service au sein de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Né avec une vocation pour la protection de l’environnement, il a consacré sa vie professionnelle à préserver les écosystèmes menacés de la République Démocratique du Congo, avec une détermination remarquable. Alors qu’il s’apprête à quitter la Réserve de Faune à Okapis (RFO) pour le Parc National de l’Upemba, notre rédaction tient à lui rendre hommage.
Un parcours de terrain exemplaire
Recruté en 2004 à l’âge de 21 ans au Parc National des Virunga, station de Mutsora, Faustin entame sa carrière par une solide formation paramilitaire à Ishango, au centre d’instruction de LOYA et au camp LUKUSA à Kisangani. Il est ensuite intégré dans les rangs des éco-gardes au secteur Centre du Parc National de la Maïko, dans la province de la Tshopo, où il œuvre jusqu’en 2007.
Son sens du devoir et sa rigueur le mènent à la station de Lubutu, dans le secteur Sud du Parc de la Maïko, où il assume la fonction de chef de cellule de conservation communautaire. De 2008 à 2010, il suit une spécialisation à l’École de Faune de Garoua, au Cameroun, en gestion de la faune et des aires protégées d’Afrique centrale. À son retour, il réintègre l’équipe de biomonitoring de Lubutu avant d’être nommé responsable du programme de conservation communautaire en 2011, un rôle qu’il assurera avec brio jusqu’en 2020.
Par la suite, il rejoint la Réserve de Faune à Okapis (RFO), où il occupe des postes clés : chef de secteur Nord-Est à Nduye, puis adjoint au chef du département de conservation communautaire.
Des actions marquantes et des souvenirs impérissables
Durant sa carrière, Faustin a contribué à des avancées concrètes en matière de conservation et de développement communautaire. Il garde un souvenir ému de l’amélioration des infrastructures locales (écoles, centres de santé) dans les villages riverains du Parc de la Maïko.
Parmi ses réalisations les plus notables, on peut citer la fermeture volontaire de la chasse pendant deux ans dans le territoire de Lubutu, obtenue grâce à une sensibilisation menée par une commission mixte composée des autorités locales, de la police, des services de sécurité et de la société civile. Cette initiative a conduit à la remise volontaire d’armes par les chasseurs, un véritable tournant dans la protection de la faune locale.
Un autre moment fort fut la mobilisation à Mambasa pour alerter sur les effets néfastes de la culture du cacao sur l’intégrité de la RFO. Grâce à l’implication des autorités et de la société civile, une commission de sensibilisation a vu le jour pour préserver les écosystèmes forestiers menacés.
Il évoque également avec fierté les démarches participatives avec les communautés locales pour résoudre les conflits fonciers, notamment la démarcation de limites écologiques entre les villages de Melebwe et Banisende, incluant reforestation et pose de panneaux de signalisation.
Défis et regrets
Malgré ses réussites, Faustin n’a pas été épargné par les obstacles. Il déplore la manipulation politique de certaines communautés par des leaders locaux, ainsi que la faible appropriation des actions de conservation par les bénéficiaires. Il souligne également l’incompréhension du rôle de l’ICCN, parfois perçu à tort comme un substitut aux ministères de la santé ou de l’éducation.
Une séparation empreinte de gratitude
Alors qu’il s’apprête à quitter la Réserve de Faune à Okapis, Faustin exprime des sentiments partagés, mêlant regret de quitter ses collègues et les communautés, et fierté du chemin parcouru. Il remercie chaleureusement tous ceux avec qui il a collaboré, saluant les riches expériences partagées.
Un message d’espoir et d’engagement
Dans son message à la population vivant autour de la RFO, il insiste sur l’importance d’une conservation inclusive et participative. Il rappelle que la Réserve, abritant l’emblématique okapi, est aussi un lieu de vie et de culture, et que sa préservation passe par une collaboration active entre les communautés locales et les gestionnaires.
Faustin encourage ces communautés à continuer à jouer un rôle moteur dans la gestion de la réserve, en adoptant des alternatives durables qui protègent la biodiversité tout en améliorant leurs conditions de vie.
Andy Kambale Matuku


