Réunis ce 7 avril 2026 à Bunia, les membres de la communauté Mambamusa ont élevé la voix face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa.
Dans une déclaration publique, ferme et poignante, lue par son président, Pascal Bauwa Sweli, ils ont dressé un tableau alarmant d’une région en proie aux incursions répétées des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF).
Derrière les statistiques et les discours officiels, la communauté a tenu à rappeler une réalité dramatique vécue au quotidien par les populations locales :
« Le territoire de Mambasa, à lui seul, couvre près de 56 % de la province de l’Ituri, riche en ressources naturelles exceptionnelles, mais qui semble abandonné à son sort. Mambasa abrite notamment l’Okapi, symbole même de l’Ituri, aujourd’hui éclipsé par le fracas des armes et les cris étouffés des populations en détresse », a déclaré le président.
Les membres de la communauté dénoncent également une absence criante d’empathie et de réaction des autorités face aux massacres et aux souffrances endurées par les civils.
« Aucun message de compassion, aucune présence rassurante, comme si Mambasa ne comptait plus vraiment », déplorent-ils.
Ils pointent en outre le manque de considération accordée aux alertes lancées par les populations locales, pourtant en première ligne face aux attaques, ainsi qu’une insuffisance alarmante de l’assistance humanitaire. Des milliers de déplacés vivent ainsi sans accès adéquat à la nourriture, aux soins et à une protection minimale.
Face à cette situation critique, la communauté Mambamusa ne se limite pas à la dénonciation et formule des recommandations urgentes :
Elle appelle le gouvernement congolais à déployer sans délai des troupes suffisantes pour neutraliser les ADF, à renforcer l’assistance humanitaire en vivres et non-vivres, et à accorder une attention particulière aux alertes communautaires, véritables sources d’information de terrain.
À la population de Mambasa, elle recommande de rester vigilante face à la menace persistante et de collaborer étroitement avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) afin d’améliorer l’efficacité des opérations sécuritaires.
À travers cette prise de position, la communauté Mambamusa lance un avertissement sans équivoque : Mambasa ne peut plus attendre. Chaque silence institutionnel et chaque retard dans la réponse sécuritaire accentuent le fossé entre l’État et les citoyens.
Au-delà des chiffres, c’est toute une population qui vacille. Et si rien n’est fait, c’est un territoire entier de l’Ituri — pourtant stratégique, riche et symbolique — qui risque de sombrer durablement dans l’insécurité et l’oubli.
Jef.


