Le député national Abdallah Pene Mbaka a décidé de porter devant les institutions de la République une question qui touche à l’un des symboles les plus emblématiques de la biodiversité congolaise : l’okapi. Dans une question écrite adressée au Directeur général de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), l’élu de Mambasa réclame des explications sur la présence d’okapis congolais dans plusieurs zoos étrangers ainsi que sur les avantages que la République démocratique du Congo tire de cette situation.
Pour le parlementaire, cette démarche répond à une préoccupation légitime de la population congolaise. L’okapi est une espèce rare, endémique à la RDC et reconnue mondialement comme un patrimoine naturel exceptionnel. Pourtant, depuis plusieurs années, des spécimens de cet animal peuvent être observés dans différents zoos à travers le monde, notamment en Europe et en Amérique.
Face à cette réalité, Abdallah Pene Mbaka estime que l’opinion publique mérite des réponses claires. Comment des animaux appartenant à une espèce totalement protégée ont-ils quitté le territoire congolais ? Dans quel cadre juridique, scientifique ou diplomatique ces transferts ont-ils été réalisés ? Qui les a autorisés et sous quelles conditions ?
À travers sa question écrite, le député cherche d’abord à établir la vérité sur l’ampleur du phénomène. Il demande au Directeur général de l’ICCN de préciser combien d’okapis provenant de la RDC se trouvent actuellement dans les zoos et autres structures de conservation à travers le monde.
Mais l’élu de Mambasa va plus loin. Il veut également comprendre les mécanismes qui ont permis le déplacement de ces animaux hors de leur habitat naturel. Cette préoccupation est d’autant plus importante que l’okapi est considéré comme l’une des espèces les plus strictement protégées du pays et que sa conservation mobilise d’importants efforts humains, financiers et sécuritaires, particulièrement dans la province de l’Ituri où se situe la Réserve de faune à okapis.
La démarche d’Abdallah Pene Mbaka soulève également la question des retombées économiques liées à la présence de ces animaux à l’étranger. Les zoos qui abritent des okapis attirent chaque année des milliers de visiteurs fascinés par cette espèce unique au monde. Le député souhaite donc savoir si la RDC bénéficie d’un quelconque retour financier ou d’avantages liés à cette exploitation scientifique, éducative ou touristique de son patrimoine faunique.
Dans sa correspondance, il demande notamment à l’ICCN de préciser les retombées économico-financières générées par le déplacement et la captivité des okapis hors du territoire national. Il s’interroge également sur l’existence d’éventuels fonds versés à la RDC dans le cadre de cette exploitation et sur les mécanismes mis en place pour assurer une utilisation transparente de ces ressources.
Au-delà des aspects financiers, cette initiative parlementaire met en lumière une question plus large : celle de la souveraineté de la RDC sur son patrimoine naturel. Alors que le pays est souvent présenté comme l’un des principaux réservoirs mondiaux de biodiversité, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans la gestion des espèces emblématiques qui font sa renommée à l’échelle internationale.
En portant ce dossier devant l’ICCN, Abdallah Pene Mbaka entend ainsi obtenir des réponses précises pour éclairer la représentation nationale et l’opinion publique. Son initiative pourrait également ouvrir un débat plus large sur les mécanismes de coopération internationale en matière de conservation de la faune ainsi que sur la valorisation des richesses naturelles congolaises.
Les réponses attendues du gestionnaire des aires protégées permettront peut-être de lever le voile sur un dossier qui, jusqu’à présent, suscite davantage de questions que de certitudes. Pour le député de Mambasa, il est temps que les Congolais sachent dans quelles conditions leur emblématique okapi se retrouve à des milliers de kilomètres de son habitat naturel et quels bénéfices la nation en retire réellement.
Andy Kambale Matuku


