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Mambasa : La présence des ADF dans la Réserve de faune à okapis inquiète, un expert alerte sur une menace majeure

La situation sécuritaire se détériore dangereusement dans plusieurs chefferies du territoire de Mambasa, où les rebelles des Forces démocratiques alliées intensifient leurs activités, y compris à l’intérieur de la Réserve de faune à okapis, un site classé patrimoine mondial.

Selon des informations recueillies sur le terrain, ces combattants sont signalés dans les chefferies de Babila Babombi, Babila Bakwanza, Walese Karo, Bombo, Walese Desse et Bandaka. Leur présence est notamment confirmée sur l’axe Muchacha – Babesua – Epulu, le long de la Route nationale numéro 4 (RN4), ainsi qu’au cœur même de la réserve, où ils se seraient dispersés dans la forêt.

D’après les estimations, ces rebelles, organisés en cellules mobiles, compteraient plus de mille éléments, dont des enfants et des femmes. Leur mode opératoire repose sur la mobilité et la fragmentation en sous-groupes, rendant leur traque particulièrement difficile.

Sur le terrain, les ADF multiplient les exactions contre les populations civiles. Des massacres sont signalés, des villages incendiés – comme Babesua, détruit à près de 90 % – et des habitants enlevés. Les otages sont souvent contraints de transporter les biens pillés ou soumis à un endoctrinement idéologique, incluant l’apprentissage forcé du Coran.

Au-delà des violences humaines, la présence des rebelles constitue une grave menace pour l’environnement. L’occupation de la Réserve de Faune à okapis (RFO) favorise l’exploitation illégale des ressources naturelles, notamment l’extraction minière clandestine et le braconnage. L’okapi, espèce endémique emblématique de la région, est particulièrement exposé à ces activités illicites.

Cette situation ravive les souvenirs douloureux de attaque de la réserve de faune à okapis en 2012, au cours de laquelle 14 okapis avaient été tués, portant un coup sévère aux efforts de conservation.

« J’ai vécu les événements de 2012 étant enfant. Aujourd’hui engagé dans la conservation, je refuse que cette tragédie se reproduise », témoigne Sage Kambale Tsongo, Expert en faune sauvage et analyste au sein de Conserv Congo, en partenariat avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Face à la gravité de la situation, cet expert appelle à une réaction immédiate. Il plaide pour un renforcement urgent de la sécurité dans la réserve par le gouvernement congolais, tout en sollicitant l’appui de la communauté internationale afin de protéger ce patrimoine naturel d’importance mondiale. Les ADF poursuivent en effet un objectif idéologique visant à imposer leur doctrine et à radicaliser les populations locales, accentuant ainsi les risques sécuritaires et humanitaires dans la région.

Andy Kambale Matuku

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