La gouvernance environnementale en République Démocratique du Congo est au cœur d’une nouvelle interpellation parlementaire. Le député national Agenong’a Robert, élu de Mahagi, dans la province de l’Ituri, a adressé une série de questions écrites à la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la nouvelle économie du climat, mettant en lumière plusieurs zones d’ombre dans la gestion des aires protégées et des partenariats conclus par l’État.
À travers cette initiative, le député cherche à obtenir des réponses détaillées, documentées et vérifiables sur le fonctionnement de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature(ICCN), principal organe chargé de la gestion des parcs nationaux et réserves en RDC.
Parmi les préoccupations soulevées figurent en premier lieu les moyens financiers alloués à l’ICCN. Le député demande au gouvernement de préciser les montants exacts des budgets votés entre 2021 et 2025, leur répartition par type d’aires protégées (parcs nationaux, réserves de faune, réserves scientifiques et domaines de chasse) ainsi que leur ventilation par province. Il exige également des explications sur les écarts éventuels entre les montants votés et ceux réellement décaissés.
Au-delà des questions budgétaires, Agenong’a Robert s’interroge sur l’efficacité de ces ressources dans la protection des écosystèmes. Il demande notamment si le gouvernement reconnaît l’insuffisance des moyens alloués et quelles mesures concrètes ainsi qu’un calendrier précis sont envisagés pour renforcer la protection des aires protégées.
Un autre point majeur de cette interpellation concerne les conventions de partenariat public-privé (PPP) conclues par l’ICCN avec des organisations étrangères. Le député questionne la légalité et la transparence de ces accords, en demandant si le Parlement a été informé ou consulté avant leur signature. Il veut également savoir si ces conventions respectent les procédures prévues par la loi sur les PPP.
Dans le même registre, il exige la liste exhaustive de toutes les conventions signées, en précisant pour chacune le partenaire, son pays d’origine, l’aire protégée concernée, la durée du contrat, les obligations des parties et les financements mobilisés. Une demande qui vise à faire toute la lumière sur la gestion des ressources naturelles du pays.
Le député s’intéresse également à la place accordée aux acteurs nationaux dans ces partenariats. Il s’interroge sur la politique du gouvernement quant à l’implication des ONG congolaises, des entreprises locales et des initiatives communautaires dans la gestion des aires protégées. Il demande quelles mesures sont prévues pour promouvoir leur participation et pourquoi certaines organisations nationales seraient écartées.
Par ailleurs, la coordination entre le ministère de l’Environnement et l’ICCN est également pointée du doigt. Agenong’a Robert souhaite savoir qui, au sein du gouvernement, assure le contrôle des conventions signées et si le ministre valide personnellement ces accords.
Enfin, le député appelle à une transparence totale sur les financements reçus par l’ICCN, qu’ils proviennent du gouvernement ou des partenaires étrangers, ainsi que sur leur répartition par aire protégée. Il demande également des éclaircissements sur la gestion des parcs et réserves ne faisant pas l’objet de partenariats PPP.
À travers cette série de questions, le député national entend renforcer le contrôle parlementaire sur un secteur stratégique pour la RDC. Cette démarche pourrait relancer le débat sur la gouvernance des ressources naturelles, la transparence dans la gestion des aires protégées et la souveraineté environnementale du pays.
Andy Kambale Matuku


